Développer 2 sites complexes en 48h : la méthode context-driven production

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Le développement web traditionnel est un jeu du téléphone arabe géant. Entre le brief stratégique du patron, la vision du marketing, les maquettes du designer et le code final du développeur, la valeur se dilue. Résultat ? On passe 3 mois à sortir un site "tiède", où chaque modification prend une semaine de réunions.

J’ai voulu prouver qu’on pouvait supprimer ce bruit. J’ai développé les sites de Visible Ici et Sevya (plus de 10 pages chacun, avec animations complexes et SEO intégré) en seulement 48 heures. Ce n'est pas une question de rapidité de frappe, c'est une question d'infrastructure de contexte. Voici le manuel opératoire de ma méthode context-driven production.


1. La technologie au service de l'agent : pourquoi j'ai quitté le no-code

Pendant des années, j’ai utilisé Webflow. C’est un outil magnifique pour les designers, mais une prison pour l’intelligence artificielle. Le no-code vous force à passer par une interface visuelle propriétaire. L'IA ne peut pas "voir" ou "toucher" facilement votre structure de données sans bidouillages complexes.

Je suis passé sur Astro.

  • La puissance du local : Avec Astro, mon site est un simple dossier de fichiers sur mon ordinateur. Mon agent IA (Gemini CLI via le terminal) a un accès direct et total. Il peut lire, modifier, créer ou supprimer des composants en une fraction de seconde.
  • Keystatic comme CMS local : Pour garder la main sur le contenu sans alourdir le site, j'utilise Keystatic. Cela permet de gérer les articles et les pages via des fichiers Markdown ou JSON locaux, parfaitement lisibles par l'IA.
  • La légèreté technique : Astro génère des sites ultra-performants avec quasiment zéro JavaScript inutile. Pour une entreprise, c'est l'assurance d'un score de 100 sur Google PageSpeed, ce qui est le socle de toute stratégie SEO sérieuse.

2. Le cerveau du projet : la vérité business avant le code

C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est pourtant la plus cruciale. L'IA n'est pas magique ; elle est le miroir de ce que vous lui donnez. Si vous lui donnez du vide, elle produira du contenu générique et sans âme.

Avant de coder, je structure mon dossier projet avec des documents de "vérité terrain" (IDENTITY.md et STRATEGY.md). J'y injecte tout l'ADN de l'entreprise :

  • L'offre détaillée : Pas juste "on vend du SEO", mais "on vend du temps de cerveau disponible aux patrons de PME en automatisant leur prospection".
  • Les signaux de succès et d'échec : J'y liste les raisons pour lesquelles on perd un contrat ou on le gagne (ex: "le client veut que son téléphone sonne enfin").
  • La bible sémantique : Les termes techniques que seuls les experts du métier utilisent (APSAD, RGE, décennale, réseaux aérauliques).

L'agent ne devine plus, il exécute une identité.


3. Le flux de production agentique : de la stratégie au déploiement

Une fois le contexte posé, le site devient une simple projection de cette vérité.

L'arborescence et le SEO par les données (via MCP)

Je ne choisis pas mes pages au hasard. J'utilise le protocole MCP (Model Context Protocol) pour connecter mon agent à des sources de données externes comme DataForSEO. Exemple : "Agent, analyse le marché du nettoyage technique à Strasbourg, trouve les mots-clés où la concurrence est faible mais l'intention d'achat est haute." En 30 secondes, l'agent extrait les volumes de recherche réels et dessine une arborescence de 12 pages optimisées.

Le design par l'inspiration et le style guide

Si j'ai déjà une charte graphique, je la donne à l'agent. Sinon, je lui fournis des URLs de sites inspirants. Il analyse le CSS, les espacements, la colorimétrie et les polices pour créer un "style guide" cohérent qu'il appliquera à chaque nouveau composant Astro créé.

La création par "vagues" d'itération

Je travaille souvent en commande vocale pour garder le flux de mes pensées. Je procède en trois vagues :

  1. Vague de structure : Génération de tous les fichiers .astro basés sur l'arborescence.
  2. Vague de contenu : Rédaction chirurgicale de chaque section en utilisant le contexte business. Ici, l'IA remplit les balises titres, les meta descriptions et même les schémas JSON-LD pour Google.
  3. Vague visuelle : J'utilise Nano Banana pour générer des images qui collent exactement au texte (ex: "un artisan sculpteur façonnant un bras robotique en marbre"). L'IA génère précisément ce visuel dans les tons de ma charte (noir et blanc contrasté, grain marqué).

4. Le cas d'école : fusionner le produit et le marketing (le cas Sevya)

Pour le site de Sevya, je suis allé encore plus loin dans le recyclage technique. Comme Sevya est un logiciel (SaaS) que je développe également, j'ai mon dossier de code de l'application juste à côté du dossier du site vitrine.

J'ai dit à mon agent : "Va voir comment est construit le tableau Kanban dans l'application Sevya, et crée-moi une version simplifiée et animée pour la page d'accueil du site vitrine."

Le résultat est saisissant : le site marketing n'est plus une promesse abstraite, c'est une vitrine technologique qui réutilise les composants réels du produit. Cette cohérence extrême est impossible à atteindre rapidement avec une équipe traditionnelle où les développeurs produit et les marketeurs ne partagent jamais leur code.


5. L'avantage injuste : un site qui s'auto-distribue

Le travail ne s'arrête pas au déploiement. Grâce à cette méthode, mon site est "né" dans un écosystème connecté.

  • Optimisation native : L'agent vérifie chaque Alt Text d'image et chaque lien interne. Il détecte les incohérences (ex: une étape de voyage hors de la destination choisie) et les corrige instantanément.
  • Distribution multicanale : Une fois qu'une page est publiée, l'agent utilise Publer pour générer et planifier les posts LinkedIn, les scripts de vidéos courtes et les newsletters, tout en respectant scrupuleusement le ton employé sur la page web.

6. Le futur : l'agent comme moteur de croissance autonome

Ce que j'ai réalisé en 48h n'est que la première étape. L'étape suivante, c'est de laisser l'agent piloter l'optimisation en toute autonomie.

Demain, l'agent ne se contentera plus de bâtir le site, il l'améliorera en continu en analysant le comportement des utilisateurs avec des outils comme PostHog. Il sera capable de déplacer un bouton, de reformuler une accroche ou de modifier une structure de page en fonction des données de conversion réelles, sans aucune intervention humaine.


Conclusion : arrêtez de recruter des bras, commencez à structurer votre contexte

Passer de 3 mois à 24h pour sortir un site professionnel n'est pas une question de performance technique pure. C'est une révolution de méthode.

Le rôle du consultant digital change : vous n'êtes plus là pour configurer des outils ou aligner des pixels. Vous êtes l'architecte du contexte. Si vous savez structurer la vérité métier de votre client et la donner à manger à un système agentique, vous débloquez un plafond de croissance que vos concurrents mettront des années à atteindre.


Vous vous sentez coincé dans vos cycles de développement ? Explorons ensemble comment injecter du contexte dans votre stratégie